31-05-13-ESV-Muriel-Falzon-Quartet

 

Chronique parue dans Jazz-Rhone-Alpes.com le lundi 03 Juin 2013

L’affiche annonce : « Muriel Falzon Quartet : Bleue Môme, … de Piaf à Barbara ». On imagine. Enfin on croit imaginer.

En effet, chaque chanson est entièrement revisitée par Sébastien Falzon, pianiste et arrangeur de la formation : cadences, structures, harmonisations, tout y passe, sauf l’esprit de l’écriture originale, modernisé, colorisé, poussé à l’extrême, fortifié, transfiguré par les arrangements. L’interprétation fait grand honneur à ce travail de réécriture : l’accompagnement de Michel Altier à la contrebasse soutient efficacement, enrichit généreusement les harmonies et les mélodies, la rythmique de Vincent Calmettes à la batterie est dynamique, précise, délicate, discrète et indispensable. Le jeu très diversifié et énergique de Sébastien Falzon structure les compositions, tantôt notes délicatement égrenées, tantôt nappes moelleuses d’accords sophistiqués, tantôt rythmique syncopée, et ouvre un chemin royal à la voix pure de Muriel Falzon et aux émotions intenses qu’elle fait partager au public.

Une note … deux notes … un accord … un motif … cymbale … charleston … contrebasse … thème distendu … chorus volubile : le premier set commence par une interprétation instrumentale des Amants d’un jour. Muriel Falzon rentre en scène pour Göttingen, où l’on découvre tous les talents de la chanteuse, juste dans sa musique et dans ses sentiments, présente et captivante, donnant une dimension supplémentaire au texte ; c’est aussi l’occasion pour Michel Altier d’offrir un accompagnement très mélodique et un chorus en harmonie avec l’ambiance. Padam, presque méconnaissable, alternant cadences paires et impaires, d’une grande vivacité, se conclut par un chorus de batterie enlevé. Après Dis, quand reviendras-tu, arrive le surprenant Accordéoniste, rénové du sol au plafond, marqué par des changements de cadence pour le moins originaux. Le set se conclut par Mon Enfance, dont l’interprétation piano/chant a tiré une larme à plus d’un(e).

Pour le deuxième set, petite incartade avec River de Joni Mitchell, très beau texte également, avant de revenir aux Insomnies de Barbara, qui déclinent à l’envi cette rengaine entêtante et tissent autour tout un réseau de rythmes et de phrases musicales. Sous le ciel de Paris est l’occasion de quelques changements de tonalité parfaitement maîtrisés, puis vient le Bois de Saint-Amand, magistralement arrangé, explorant gammes altérées et cadences impaires. On passe ensuite de la Solitude à La Foule en valse latinisée vigoureuse et entraînante.

Michel Perrier

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